Kalimantan: Balikpapan et la « BOSF »

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Le lundi 22 septembre à 16H

Aujourd’hui c’était repos et travail pour le site. La journée d’hier fut fatigante et avant de nous envoler à nouveau demain pour retourner à Banjarmasin (où nous prendrons un bus vers la prochaine étape) nous avions besoin d’un break ! Ce matin nous sommes allés à la plage réputée du coin, « Kemala » à environ 1km de l’hôtel, mais n’y sommes pas restés longtemps. En effet c’est plutôt une belle plage mais malheureusement il n’y a aucun endroit confortable pour se reposer à l’ombre… C’est soit le sable en plein soleil, soit un banc dans l’un des restaurant. On y a bu un bon jus de pastèque, j’ai un peu écrit puis nous avons décidé d’essayer de trouver un hôtel dans lequel nous pourrions squatter la piscine . Ce fut chose faite dans un Novotel ! Une belle et grande piscine avec vue sur la ville !

Nous sommes arrivés à Balikpapan samedi soir vers17H30 par un vol depuis Banjarmasin avec la compagnie « wings air » à 50€ (petit avion!). Tout s’est passé normalement cette fois;-)  (taxi avec prix  réglementés sur place, nous avons payé 55 000 soit  3€ pour 30mn environ)

Nous avions réservé un hôtel à l’avance car la ville est très grande et nous n’avions pas de temps à perdre de temps en recherches. D’après les photos le « my home guesthouse » est un hôtel moderne à la déco aux couleurs vives, situé au centre ; parfait !

Parfait….. presque ! Lorsque nous arrivons dans la chambre : surprise ! C’est tout petit et il n’y a pas de fenêtre !! Forcément je n’avais pas pensé à vérifier ce détail là !! Les photos du site sont prises sous le bon angle, bravo ! Ils ont également décidé d’investir dans un écran plat mais pas de restaurer la selle de bain (des carreaux sont prêts à tomber)… Dommage. Et encore nous n’avons pas pris les chambres 1er prix (nous avons la clim indispensable en ville)…. Bon… Le prix de 18€ la nuit nous parait cher (en plus pas de petit dej) mais tant pis ce n’est pas dramatique non plus !!

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Enfin…. (rire) le petit plus de l’hôtel c’est qu’il y a un karaoke dans le bâtiment. Génial (ironique) ! Le problème est que quand vous êtes couchés vous avez l’impression qu’il y a la fiesta directement dans votre salle de bain, et ce jusqu’à plus de 3H du mat (soit les ¾ de votre nuit). Mais pourquoi le son est si fort ??? Ajoutez à ça le fait qu’ils ont mis une vitre au-dessus de la porte d’entrée de la chambre et que celle ci donne sur un éclairage super puissant qui fait que vous avez l’impression de dormir sur une aire d’autoroute …. Nous n’avons pas super bien dormi la première nuit… Pour les autres ce sera mieux car nous avons saboté la lumière du couloir ! C’est déjà ça ! Nous n’avons par contre pas osé faire disjoncter le karaoke hahaha!

A part ça Balikpapan est une grande ville, la plus moderne et cosmopolite de Kalimantan. Ici les gens viennent pour les hôtels luxueux, les bons restaus, la plage , les animations et le centre commercial. De riches industriels du pétrole se sont installés ici et cela a fait exploser la réputation de la ville. Inutile de vous dire que ce genre d’endroit n’est pas notre tasse de thé. Nous n’avions à la base pas prévu d’étape ici. Si nous sommes là c’est uniquement parce que j’ai réussi à être acceptée par le centre de la « Borneo Orangutan Survival » de Samboja pour un reportage photos. Cela n’a pas été facile car il a fallu que je remplisse un dossier, lettre de motivation, casier judiciaire et divers tests de santé ! Tout ceci est très protégé. Lorsque j’ai reçu le mail qui me disait pouvoir être reçue en tant que photographe (et Antony comme assistant) nous avons donc ajouté une étape à notre itinéraire. Nous voilà ici pour deux journées (une au centre et une pour tout de même se « poser » car enchaîner les vols et les journées intenses c’est crevant).

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Je vais vous parler à présent de notre journée à la « Borneo Orangutan survival fondation ». Je ne vais pas m’étendre trop sur le sujet car en rentrant en France je prendrai le temps de trier correctement les photos (j’en ai beaucoup!), de les retoucher et de faire un « vrai » article . Ici pas le temps, je vais juste vous raconter la journée et vous montrer quelques images.

Tout d’abord nous avons été conscients d’avoir une grande chance d’être là et de pouvoir découvrir la façon dont ces personnes protègent les Orangs-outans. C’est un travail énorme qui demande beaucoup d’énergie, de temps et d’argent… ce n’est vraiment pas facile… Il sont 130 personnes sur place et nous avons en premier lieu visité le centre (bureaux, « clinique », stock de fruits etc). Le centre n’est pas accessible au public. Il est même extrêmement surveillé et contrôlé, il en va de la santé des animaux. C’est donc en temps que photographe que j’ai pu y accéder de façon à produire un reportage (ce fut assez fastidieux d’être acceptée, lettre de motivation, cv, casier judiciaire, examens médicaux divers et variés, et j’en passe, le tout en Anglais pour compliquer la chose.)

Tout en vous racontant ce que nous avons vu je vous fais un petit topo rapide pour vous expliquer ce qu’est la « BOSF »  et ce contre quoi elle se bat :

Pour commencer, une citation éloquente de Biruté Galdikas (qui a créé le « camp Leakey » de Tanjung Puting en 1971) :

« Regarder les grands singes mourir à petit feu, c’est assister à notre futur proche, sur une planète qui devient inhospitalière et s’asphyxie progressivement. Sauver nos cousins les grands singes et leur habitat, ce sera le premier pas matériel et philosophique vers notre propre sauvegarde »

L’ orang-outan de Bornéo est  classé parmi les espèces en danger. Son déclin démographique dépasse les 50% sur les 60 dernières années.

Une des causes principales est la déforestation. Outre la culture de palmiers à huile et l’exploitation du bois (toutes deux souvent illégales), cette île est victime de terribles feux de forêt. On estime qu’en 10 ans ¼ aurait brulé ! Mais d’où viennent ces feux ? Et bien là encore les cultures intensives qui utilisent la technique du brulis sont en grande partie responsables. Les feux sont souvent mal maîtrisés et le sol Indonésien est tourbeux (il brûle en profondeur malgré la pluie). Ajoutez à cela le fameux phénomène « El nino » qui amène régulièrement un climat beaucoup plus sec et c’est la catastrophe… Il est d’ailleurs craint pour la dernière partie de cette année 2014… Trois fois plus de forêt que d’ordinaire pourrait disparaître… (et nous avons pu constater que c’est flagrant: 1H de pluie en un mois et des feux partout…)

Un autre facteur de la disparition de ces grands singes est le braconnage . Certaine personnes trouvent malin de tuer une mère pour capturer son bébé et ainsi le vendre. Ce bébé, tout mignon et tout petit, n’aura pas longtemps d’intérêt et sera enfermé dans la plupart des cas dans une cage insalubre où il ne peut se mouvoir et où il pleurera sa maman (je vous rappelle que d’ordinaire un petit reste au moins 7 ans accroché à elle). Par la suite il grandira… la cage deviendra de plus en plus étroite… Il souffrira de malnutrition (un singe ne mange pas des chips et des biscuits…) Quelle est l’utilité d’avoir un singe chez soi ? Aucune ! Si ce n’est sans doute de montrer qu’on a eu l’argent pour se le payer !

Parfois ces animaux sont exploités pour faire des « animations », des numéros de cirque pour des touristes qui ne se posent pas beaucoup de questions… Il est même possible de voir des singes fumer (pour le plus grand amusement de certains) et d’autre travestis en humains et prostitués ! Où va le monde………………..

Heureusement que certaines personnes sur cette Terre se préoccupent de leur sort et mènent un combat sans relâche pour les sauver.

Depuis 1990, la BOSF a œuvré à la préservation des orangs-outans en les élevant en captivité dans le but de les rendre à la vie sauvage. Elle accueille actuellement de 850 primates dans ses centres (650 à Nyaru Menteng dans le Kalimantan Central, et 200 à Samboja Lestari kalimantan oriental). Comme l’a souligné Aschta Boestani Tajudin, la directrice du programme régional pour la province du Kalimantan Oriental du BOSF, « Si le centre recueille plus d’orangs-outans qu’il peut en relâcher dans la nature, cela signifie que nous avons échoué » Malheureusement avant d’être relâchés, ces orangs-outans récupérés soit dans la forêt (perdus ou blessés) soit chez des particuliers, doivent être soignés et surtout réapprendre à vivre comme ils le devraientt à l’état sauvage. Cela prend plusieurs années et coûte très cher : 2700 € par an pour chaque orang-outan (sans inclure les soins spéciaux s’ils tombent malades). Chaque singe mange 5kg de fruits par jour, ils sont 200 là nous étions… cela fait 1000kj/jour ! Ces singes sont très fragiles et attrapent facilement des maladies lorsqu’ils sont au contact de l’homme (en particulier la tuberculose et l’hépatite, d’où les examens médicaux que nous avons  du faire pour être admis dans le centre du BOS pour mon reportage).

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Les différentes étapes avant ré-introduction dans la nature sont :

-mise en quarantaine de façon à ce que les animaux ne se contaminent pas entre eux.

-la socialisation (qui prend plusieurs années) que nous avons vu lors de nos visite à « l’école » et à la « nurserie » :

Le matin nous avons passé deux heures à « l’ école » des petits soit les singes qui ont entre 4 et 9 ans. Si les enfants sont turbulents et parfois durs à gérer, alors là c’est vraiment inimaginable ! Les professeurs viennent récupérer les enfants dans la cage où ils passent la nuit et les mènent pour la journée dans la forêt. Ces singes là sont orphelins et ils ont besoin de l’homme pour leur montrer comment se comporter dans la jungle. Ces longues journées sont donc indispensables pour leur développement puisque normalement c’est la mère qui a ce rôle (et même à elle cela prend de nombreuses années.) Lorsque nous sommes arrivés on nous a donné un masque pour ne pas risquer de donner de microbes, dit de ne pas les toucher et de faire attention à nos affaires. « il sont très turbulents » nous a t on prévenu ! Ah oui  en effet ! Nous avons passé ces deux heures à éviter d’être attrapés par ces enfants singes qui pour certains risquaient de nous mordre les mollets ou de nous piquer notre appareil photos ! J’ai pu tout de même faire des photos, mais c’était très sportif !! A peine arrivés nous avons vite été encerclés, et j’avoue qu’ils nous faisaient peur aussi mignons soient-ils!  Ils arrivaient de tous les côtés et essayaient de nous foncer dessus (intrigués par les « nouveaux ») nous devions sans cesse bouger, nous cacher derrière les professeurs ou des arbres. Il y avait tout de même des singes plus calmes qui venaient simplement nous attraper les mains, mais nous ne pouvions malheureusement pas les toucher et devions vite nous dégager… On aurait vraiment dit de petits enfants qui vous tirent le bras pour aller jouer. Leurs mains sont très douces et on sent une force surprenante déjà à leur âge et malgré leur taille. Ces deux heures ont été épuisantes ! Ca court, ça saute d’arbres en arbres, ça se balance en tendant la main histoire d’attraper n’importe quoi au passage , parfois ils font les « faux » et feintent pour arriver à leur fins! Incroyable! Il fait une chaleur étouffante renforcée par le port des masques qui fait que nous respirons de la vapeur. Le fait qu’il faut être sur le qui vive sans arrêt (en ayant un peu peur aussi car ils ont de belles dents!), bouger sans arrêt, tout ça en faisant des photos, pffffiou, la pose repas a été la bienvenue ! Antony s’est endormi sur la table! Je ne sais pas comment survivent toute la journée les quatre profs face à la quinzaine de chenapans !

L’après midi nous avons découvert la « nurserie » pour les moins de 4 ans. Ces bébés sont trop craquants !! On aimerait tous les serrer dans nos bras, malheureusement là non plus il ne faut pas les approcher…. snif… c’est trop chou !! Il y avait 7 ou 8 bébés et deux nurses. Ils apprennent à se déplacer, à grimper aux arbres, parfois on entend un grand «bouum » ! Ah ! Un singe est tombé haha trop rigolo ! Ils ressemblent tellement à des bébés humains c’est fascinant. Certains pleurent, se disputent, sont timides etc

Pour la petite anecdote un des bébés (celui avec un gros ventre) s’appelle Antony 😉

-Vient ensuite l’entraînement. Les orangs-outans au contact de l’homme ont adopté des comportements humains ce qui est mauvais pour eux. En effet ces grands singes apprennent très vite par imitation. Ils sont donc « entrainés » afin de retrouver leur instinct sauvage. Ceci est fait sur un archipel de petites îles. Cette étape prend également plusieurs années… Nous avons vu également les sept îles et avons fait la tournée du matin pour la distribution de nourriture. Les îles sont des morceaux de terres entourés d’un canal et c’est en barque que les soigneurs vont lancer des fruits à leurs pensionnaires. Ils peuvent ainsi être nourris tout en gardant une « vie indépendante » de l’homme et en vivant comme dans la forêt.

« Relâcher ceux qui sont incapables de construire un nid reviendrait à les envoyer à la mort » explique Aschta Boestani Tajudin.

Le centre de Samboja Lestari a hébergé plus de 600 orangs-outans depuis sa création en 1998. « Les gens continuent à nous amener des orangs-outans, mais malheureusement nous devons parfois les refuser parce que nous manquons de place », déplore Denny Kurniawan.

Sur les quelque 850 orangs-outans actuellement hébergés par la BOSF, environ 600 ont vocation à être relâchés ; les autres ne sont pas en assez bonne santé pour survivre dans la nature.

Pour pouvoir relâcher les singes encore faut-il trouver le milieu approprié (qui comme nous l’avons vu dans mon article sur la sauvegarde de la nature, part en fumée)

Pour ce faire, la BOSF a créé la société Restorasi Habitat Orangutan Indonesia (restauration de l’habitat de l’orang-outan indonésien) qui s’est vue concéder 86 000 hectares de terres dans le Kalimantan Oriental en échange de 13 millions de Roupies (1150 €).
« Nous sommes financés par des donateurs » explique Bungaran Saragih, fondateur de la BOSF. « C’est un peu ironique, mais la plupart d’entre eux sont des étrangers, et pas des gens de notre propre pays. » Nous avons pu voir cette étendue de terre que la BOS a entièrement reboisée en plantant les arbres un à un ! Incroyable !

Il faut ensuite encore louer des hélicoptères (5000€/H de vol) pour pouvoir transporter chaque Orang-outan vers son nouvel habitat (à au moins 4H de vol du centre).

Toutes ces années de dur (et cher) travail pour réussir à soigner et réhabiliter ces grands singes à vivre dans la nature, sans être sûrs qu’au final ils vont y survivre…. car en effet certains singes une fois relâchés ne réussissent à se réadapter totalement, ils sont perdus, il ne réussissent pas à se nourrir, et finissent pas mourir…. heureusement c’est également parfois un succès total.

 

Nous avons vu des singes dans des cages faute de place pour les placer sur les îles ou d’argent pour les relâcher. Certains sont de très gros singes qui ressemblent à des créatures de films!! Lorsque nous avons approché des cages ils nous ont entendus et on commencé à hurler et à secouer les structures métalliques ! C’est terrifiants ! Il ont une force herculéenne et quand on les voit se déplacer et s’énerver on dirait des monstres ! Ensuite ils se sont calmés et nous nous sommes approchés des cages. Une fois en face d’eux, les yeux dans les yeux, fini la peur, leur regard est profond et on y décèle de la douceur. C’est impressionnant. Rester plusieurs secondes ainsi face à face à quelques centimètres (pas trop près quand même!) de ces colosses est une expérience unique. On croit voir dans leur yeux tant de gentillesse et de tristesse qu’on a simplement envie de les serrer dans nos bras en oubliant qu’ils pourraient nous broyer en une seconde… Ceux qui sont deux ou trois par cages sont en socialisation. Il y a également des cages un peu à part, là sont les singes malades.

Cette journée aura été riche, intense et émouvante. Nous en sommes sortis complètement lessivés .

Espérons que cette lutte ne sera pas vaine et que peu à peu d’autres personnes décideront d’agir et de mettre fin au massacre qui fera que dans quelques temps ces être existerons plus…

Chacun d’entre nous peut faire quelque chose à son échelle, comme par exemple éviter d’acheter des produits contenant de l’huile de palme.

On ne s’en rend pas compte mais en achetant de tels articles notre geste continu d’emplir d’argent les poches des industriels sans scrupules et ainsi de tuer la forêt et les animaux. Nous sommes ainsi tous complices!  Certes c’est difficile d’éviter cette huile car il y en a presque partout, mais ce n’est pas impossible, il faut lire les étiquettes et trouver des équivalents.

Pour ceux qui veulent s’impliquer davantage il est possible de faire des dons via le site le la « BOS » et même d’adopter des bébés:-)

Je vous invite sur Youtube pour voir nos vidéos souvenir!

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4 Comments. Leave your Comment right now:

  1. by Jennifer

    J’aiiiime tes photos , les regards sont vraiment touchants . C’est vraiment une inexpérience inoubliable que vous avez vécu. Bisous

  2. by Sebastien

    Salut,

    De passage en Septembre sur Balikpapan, comment as tu fais pour contacter BOSF? Y a t’il un droit d’entrée à payer ?

    Merci

    • by admin

      En fait j ‘y suis allée en tant que photographe ce n’est pas ouvert au public (et ça a été le parcours du combattant! je l’explique là http://unregarddesvoyages.com/carnets-de-voyage/indonesie-2014/projetpreparatifs/) je sais juste qu’il y a un Lodge qui permet aux touristes d’approcher le centre et d’apercevoir ours et singes mais pas comme nous l’avons fait nous « de l’intérieur ». Bon voyage 😉

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